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Rencontre avec François Augiéras PDF Imprimer Envoyer

C'est à Périgueux durant l'hiver 46-47, que je vis pour la première fois François Augiéras. A l'époque je réalisais des compositions à la géométrisation excessive, une peinture aux antipodes de celle qu'aimait Augiéras. Mais nos discussions, favorisèrent rapidement le rapprochement, une forte amitié naquit.

Au 2ème étage de l'immeuble, 14, Place du Palais où Augiéras peignait, se trouvaient à même les murs une grande tenture de 2 m sur 3 au moins, représentant trois personnages se tenant par la main, dansant sur une prairie, il l'avait peinte dans un bordel d'Avignon, de plus une série de toiles très étroites et hautes exprimant un besoin de verticalité, comme sujets : des paysannes habillées de longs vêtements et en sabots, des garçons de ferme, les uns et les autres aux visages de profil, les yeux regardant en l'air. A travers toutes ces peintures on pouvait lire l'attachement de F.A. pour Bruegel. En outre, la fréquentation du peintre Pierre Parsus pendant la guerre n'était pas étrangère à ces thèmes, à leur représentation.

Un petit groupe d'amis se constitua : Célérier, Loth, Placet et nous deux. Nous nous réunissions au domicile des uns et des autres ou dehors, au café de la Bourse. Un souvenir - « Los Olvidados » - animait longtemps des discussions. Une telle force des images portait une ombre aux capacités de la peinture à rendre compte des grandes orientations du siècle à ce moment là.

A ces rappels sur Périgueux d'alors, il faut ajouter que nous allions acheter toiles, couleurs et autres chez André Prugent. Nous demandions des conseils à Maurice Albe dans son atelier de la rue du Plantier.

Le 20 janvier 1987

Ecrit par Jean Boyé pour l'Association des Amis de François Augiéras et publié dans le fascicule intitulé : François Augiéras Écrivain - Peintre « une aventure de l'esprit »1925 - 1971