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François Augiéras - peintre (1940-1949) PDF Imprimer Envoyer

François Augiéras et Abdallah Chaamba

Un seul homme - deux noms d'auteur. On peut dire pour simplifier que si François Augiéras a écrit et peint, par contre Abdallah Chaamba ne fit qu'écrire.

Augiéras répétait à l'envi que les arts plastiques étaient finis, qu'il devenait impossible de peindre ou de sculpter. Il alla même au-delà en déclarant : « Maintenant que tous les arts sont morts, ... » (Le voyage des morts Edition Fata Morgana chapitre El Goléa III). Son absolutisme dans ce domaine l'amena à rejeter tout, en bloc, à récuser toute valeur aux diverses productions de l'Ecole de Paris _; il détestait les romans et la poésie qui avaient paru dans la première moitié du XXème siècle. Pour sa part, il croyait avec force en la naissance d'une nouvelle esthétique plus conforme à l'espace qui s'ouvrait devant nous et aux connaissances dont nous étions les héritiers ; un tel évènement serait un tournant décisif qui, selon lui, ne pouvait en aucun cas avoir lieu dans une métropole, symbole d'une civilisation qu'il haïssait profondément.

Certes, il y eut un temps de rupture avec la peinture mais qui dura seulement une époque dans sa brève existence. Peut-être, comme je l'indiquais plus haut, au moment même où il écrivit ses ouvrages sous le pseudonyme d'Abdallah Chaamba.

Malgré les dires de François Augiéras nous avons tout loisir aujourd'hui de contempler ou d'analyser son œuvre de dessinateur et de peintre fidèle à des conceptions très personnelles.

La rencontre

Précisons maintenant les conditions de notre première entrevue :

Le peintre Lunaud de Brantôme invita François Augiéras à me rencontrer. Il frappa à la porte du 20, rue Emile Roux à Périgueux un après-midi au début de 1947. Je me souviens de sa haute stature, de la puissance de sa voix et du fameux vélo rouge doté du strict nécessaire pour rouler. La sympathie naquit très vite : notre discussion, le coup d'œil qu'il promena sur les rayons de la bibliothèque, Edgard Poe, Rimbaud, les Variétés de Valéry, L'Origine de la Tragédie de Nietzsche, etc. furent entre autres le levain de l'amitié. Ma peinture déclencha une certaine surprise, elle était marquée par l'influence de Maurice Albe avec qui je travaillais à l'époque. La géométrisation qu'elle contenait en faisait une œuvre post-cubiste dans le genre d'André Beaudin. Mes dessins et peintures furent pour François le premier contact avec les paysages du Sarladais qui, dans sa vie, devait tenir plus tard une si grande importance. Il remarqua tout particulièrement les vieilles fermes et leurs toitures en triangle, les collines et les forêts aux sombres verdures, en bref tout ce que j'avais réalisé le long de l'Enéa, aux environs de Saint-Vincent-le-Paluel.

Les reproductions aux murs

Le lendemain je me rendis chez lui 14, place du Palais à Périgueux. La petite chambre et la pièce contiguë beaucoup plus grande ne pouvaient que m'étonner.

Dans la chambre des reproductions aux murs (La mort d'Adam, Le songe de Constantin, deux fresques de Piero della Francesca dans l'église Saint-François à Arezzo, La Dulle Griet, Margot l'enragée, de Bruegel le vieux -, Le rêve d'Henri Rousseau. Le choix de ces œuvres de par leur contenu avait une signification toute particulière pour lui : une homosexualité sous-jacente dans les deux premières, l'allant d'une furie à la grande allure paysanne quant à la troisième, la jeune fille nue sur un canapé dans un paysage tropical pour la dernière. Toutes trouvaient ou trouveront un prolongement dans ses créations ou sa propre vie ; des couleurs, des pinceaux, divers médiums et matériels sur la table ; à même le sol des livres d'art plus ou moins abîmés et tachés, de quoi fumer, un cendrier, une bougie , sur le lit minuscule ici et là des carnets pour compléter.

Dans la grande pièce deux murs étaient recouverts par les peintures de François. Des toiles sans châssis, deux clous à leur sommet les maintenaient. Des toiles de 1, 50 m de haut et 0, 50 m de large, il s'en dégageait une impression de verticalité, une unité de sujet, de jeunes paysans, des paysannes, des couleurs grises, des ocres, des terres, un fond uniforme. On pouvait noter assez aisément l'influence de Bruegel le vieux. En face de moi, était suspendue une tenture d'environ 2 m x 2, 30 m représentant trois personnages se tenant par la main et dansant sur une prairie. Augiéras tint à préciser : « la Tenture d'Avignon » parce qu'il l'avait réalisée dans un bordel de cette ville en 1946. Le lieu de sa création, le titre, la géométrie des formes provoquèrent un déclic en moi -, je pensai immédiatement à la toile de Picasso peinte en 1907 au Bateau-Lavoir à Paris, Les demoiselles d'Avignon qui représentent une scène de bordel, carrer d'Avinyô, à Barcelone. Mais les sujets de la tenture et de la toile étaient très différents. Je voyais là, peut-être une certaine rivalité avec celui qui tenait la vedette à l'époque dans le domaine des arts plastiques. Un peu partout, dans des dimensions plus petites, des peintures représentant des visages de profil, de face, aux yeux exorbités, aux lèvres assez volumineuses-, les couleurs en étaient nettement plus vives. Un sentiment curieux s'en dégageait, une galerie de portraits qui ne ressemblait à aucune autre (Seuls, Marcel Loth et Paul Placet possèdent des œuvres de cette période). A leur sujet, François citait Rimbaud, il disait peindre le petit valet suivant l'allée dont le front touche le ciel » (Les Illuminations -Enfance IV).

Des œuvres qui illustrent ces thèmes littéraires

En fait, dans l'univers que je découvrais, ces multiples personnages étaient l'exacte réplique de ceux qui évoluent dans les courts poèmes en prose des Noces avec l'Occident. Il les avait rencontrés dans les bals, dans les auberges au cours de ses nombreuses sorties dans la campagne autour de Périgueux.

Les œuvres de François Augiéras n'ont toujours été qu'une illustration de ses thèmes littéraires. Son langage dessiné, peint ou écrit est absolument identique. Énonçant cela, je pense principalement au rapport qui exista entre les « Icônes modernes » et ses textes résolument tournés vers un certain sacré.

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Un quatuor

En 1947, je connaissais le peintre Marcel Loth, de son côté François Augiéras était lié depuis plusieurs années avec un autre peintre Guy Célérier. Il ne fallut que quelques jours pour qu'un groupe se constitue, certes il y eut des dissensions, mais le fait de vivre très en marge de la peinture officielle périgourdine à cause de nos conceptions sur l'art donna tout de même une solidité à notre quatuor. Quelques mois plus tard vint se joindre à nous Paul Placet, passionné de littérature, presqu'autant de peinture, hanté par les livres qu'il portait en lui.

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Les débuts de François Augiéras en peinture

En peinture, les débuts de François Augiéras sont à situer bien avant 1947, au début de la guerre. Il a donc commencé très jeune ; le fait que sa mère peignait des services en porcelaine pour les manufactures de Limoges, sous le nom de Sinska, n'est certainement pas étranger à cette vocation précoce. Entre parenthèses, ne doit-on pas signaler qu'il détestait les travaux de celle-ci considérés par lui comme bassement commerciaux.

A ce moment-là, il exécute sur les bords de l'Isle en face de Saint-Front, une aquarelle avec Dessales-Quentin professeur à l'École de dessin de Périgueux. L'expérience n'eut lieu qu'une fois, il en fut de même, à cet endroit, avec Julien Saraben peintre et Directeur de cette même école. Il alla bien quelquefois peindre dans le quartier dit « les basses rues » qu'affectionnaient les artistes locaux. Mais François ne pouvait supporter ce type de sortie sur le motif, par contre, il était parfaitement capable de demeurer devant un paysage des heures durant, de l'analyser en s'efforçant d'en retenir les formes et les couleurs essentielles conformément à son état d'esprit de l'instant. A ce titre, on doit citer les longues méditations passées pendant la guerre à regarder la carcasse du chantier interrompu de l'hôpital sur la colline, route de Paris. Il trouva dans cette construction moderne inachevée, avec ses cubes géométriques devant le ciel, une inspiration qui devait le marquer grandement (Il mourut en décembre 1971 dans cet hôpital depuis longtemps terminé).

Julien Saraben

Ses relations avec Julien Saraben furent toujours conflictuelles pour diverses raisons. Par exemple, François empruntait des livres à la bibliothèque de l'école, il oubliait de les rendre ou s'il les restituait c'était souvent dans un état délabré. Pourtant il conservait à son égard un souvenir fait de bienveillance et de reconnaissance, car Julien Saraben l'avait incité à lire l'Histoire de l'art d'Elie Faure et qu'il la commentait en y ajoutant une grande part d'émerveillement. Comme une ligne toujours ininterrompue avec de multiples ramifications, ce long poème lyrique sur les époques, les styles, le langage des formes et des couleurs, complété par une approche et des appréciations pertinentes, tout peut-on dire retint François qui puisa là, j'en suis sûr, son goût pour les ouvrages d'art dont toute sa vie il s'entoura. L'Histoire de l'art d'Elie Faure était en quelque sorte à l'époque la passerelle nécessaire pour aborder plus tard dans les meilleures dispositions Les voix du silence d'André Malraux.

Pierre Parsus

Ensuite, pendant la guerre, il y eut sa participation au théâtre du Berger et à cette occasion sa rencontre avec le peintre Pierre Parsus. François nourrissait une grande admiration pour lui, mais les heurts entre eux prirent vite le pas sur l'amitié. La puissance de travail de Pierre Parsus sur le plan de la création exerçait un énorme attrait sur François qui, par ailleurs, n'appréciait pas les fréquentations de son ami dans la ville de Périgueux.

Celui-ci lui donna dans le domaine de la peinture des conseils qu'il refusa et qui, à mon avis, auraient donc dû rester sans effet. Cependant une certaine influence peut être décelée dans une partie de son œuvre.

Les soirées théâtrales avec leurs corollaires, confection des décors, des costumes et des marionnettes, dans les villages du Massif central en hiver demeureront les sédiments constitutifs de son adolescence. Assurément, l'étape capitale fut Aubusson, la tapisserie étant en plein renouveau grâce à l'impulsion de Jean Lurçat. Chacun se demanda si ce n'était pas là une halte nécessaire pour son destin. Lurçat qui incluait l'univers, la profusion végétale, le bestiaire et même l'écriture poussait les deux peintres à l'interrogation sur eux-mêmes [Lire à ce sujet : le remarquable numéro du Point réalisé par Pierre Betz en mars 1946 à Souillac Lot : Aubusson et la renaissance de la tapisserie (les photos de Robert Doisneau qu'il contient sont des chefs-d’œuvre)]. De plus c'était en quelque sorte la résurrection de la tenture l'Apocalypse de Saint-Jean, cet ensemble de tapisseries du château d'Angers. L'avant-garde de la création artistique s'était tout à coup déplacée dans une province délaissée pour trouver matière et formes nouvelles.

La troupe du théâtre du Berger se dispersa. Pierre Parsus disparut pour un temps de l'univers de François Augiéras qui regagna Périgueux et aussitôt se posa des questions : Allait-il écrire ? Allait-il peindre ? Ou mener les deux ensembles ? Apparemment il choisit cette dernière solution. Une lettre de Pierre Parsus de 1943 le confirme ; il écrit : « j'ai lu Le récit de la vie de compagnon avec beaucoup d'intérêt. Fuis toujours de plus en plus l'intellectualisme, recherche la réalité. » ... « François je veux espérer que le bain que tu prends dans la société contribuera toujours à t'élargir, à te faire sortir de toi-même. A aimer. Ainsi seulement tu auras un rayonnement, une influence. » François Augiéras fréquentait alors le monde paysan proche de Périgueux et, revenu dans son atelier, peignait des portraits et des personnages comme ceux que je devais découvrir à l'occasion de notre première rencontre. Pierre Parsus appréciait en son ami plus le peintre que l'écrivain ; ceci apparaît à la lecture d'une nouvelle lettre datée du 26 avril 1946 au sujet de ses textes : « ... C'est une succession d'images qu'il n'appartient pas à la littérature de créer, c'est ou du cinéma ou de la peinture... Tout ce que tu exprimes ... n'est que pictural.

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Ecrivain et peintre

A partir de 1947, date où je fis connaissance de François Augiéras je puis rapporter quelques faits et donner mes impressions sur l'évolution de sa vie et de son art.

Il courait les aventures en Périgord, il allait et venait dans le Midi ou en Afrique du Nord. A ce sujet je pense à ce poème d'André Breton : « ... Il porte le nom flamboyant de Cours-les-toutes / A la vie à la mort cours les deux lièvres / Cours ta chance qui est une volée de cloches de fête et d'alarme / Cours les créatures de tes rêves... ».

Lorsqu'il revenait à son domicile, il écrivait et peignait ; seuls quelques amis liront ou verront ses travaux. Le manuscrit Les noces avec l'Occident ne sera édité par Fata Morgana qu'en 1981 (Fort heureusement le peintre Marcel Loth possédait un exemplaire de ce manuscrit, le seul conservé.). Par contre commenceront à circuler à travers le monde, un peu partout, les carnets aux pages multicolores imprimés par Pierre Fanlac et qui seront l'embryon du Vieillard et l'enfant. Quant aux œuvres peintes, elles ne recevront aucune diffusion, elles demeureront dans les deux pièces du 14, place du Palais. Maurice Albe, alors Directeur  de l'Ecole de dessin à Périgueux devait lui permettre devant quelques personnes, de donner une conférence au cours de laquelle il exposa ses idées avec beaucoup de brio. Il nous parla entre autres de son expérience au théâtre du Berger, de La vie de Lazarillo de Tormès, l'un de ses livres de chevet peu connu aujourd'hui et, curieusement, de l'Imitation de Jésus-Christ. Il me remit le texte de cette conférence qu'il me redemanda quelques mois plus tard -, il avait cette habitude : confier des documents à un ami puis les reprendre, trait original de son caractère, peut-être afin de disperser secrètement chez les uns et les autres ce à quoi il tenait.

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L’Art Roman

J'ouvre une parenthèse au sujet d'un évènement qui se produisit au début de 1948.

Il faut d'abord rappeler en quelques mots l'aventure de l'art Roman. Avant les années 30, celui-ci était totalement déconsidéré, jugé comme une régression entre l'art Antique et le Gothique. Fort heureusement, plus tard, des historiens de l'art : Emile Mâle, Henri Focillon, Elie Faure, ont réhabilité l'art Roman lui rendant sa véritable grandeur. A ce sujet sont également à citer : la création du Musée des Monuments français au Palais de Chaillot, diverses parutions: l'encyclopédie Alpins, la revue Le Point et la collection Zodiaque. Le Périgord était, reste encore un musée des styles du XIème et du XIIème siècle avec près de 400 édifices. Les sculptures y tiennent la place primordiale mais elles ont quelquefois souffert de la pudibonderie du clergé dans les scènes érotiques et des excès des paysans affamés au moment de la Révolution. Par contre les fresques y sont plus rares, car malheureusement beaucoup ont été recouvertes par l'art Saint-Sulpicien.

Pour en revenir à François Augiéras, il parcourut le Périgord avec son vieux vélo tout en admirant ces sanctuaires, ainsi le prieuré de Merlandes en plein bois le conquit, il s'y rendit de nombreuses fois ; ce vaisseau de pierres blanches et ocres parmi une végétation abondante avait de quoi le ravir pleinement.

Pour sa part, il ne pouvait se contenter de promenades, de simples contemplations.

Les soutènements d'une terrasse de l'école de plein air de Périgueux, sur la route de Brive, furent comme un appel. Les murs en pierre, vierges de tout décor, bien situés à cet endroit, pouvaient devenir le support privilégié pour une fresque exprimant thème et style favoris.

Très vite il rencontra le Maire de la ville, lui exposa son projet avec un dessin à l'appui, lequel ne brillait pas par sa netteté, mais les propos qu'il tint lui permirent sans doute de faire oublier le manque de soin du motif présenté. Sa proposition fut acceptée, d'autant plus facilement qu'aucune rétribution n'était demandée. Il entendait faire bénévolement cette réalisation pour le seul plaisir de pouvoir pratiquer à une grande échelle et en un lieu extérieur un art mural qu'il disait être le sien.

Les services techniques installèrent un échafaudage. François acheta chez Baudry droguiste rue Taillefer couleurs, médiums et pinceaux. Et voilà l'héritier des fresquistes de Saint-Savin, de Brioude ou d'ailleurs prêt à commencer. Les ennuis ne tardèrent pas : le mur en meulière n'avait pas été enduit, de ce fait crevasses et aspérités empêchèrent une totale maîtrise du dessin et de la peinture. Le sujet, celui de la tenture d'Avignon dont j'ai déjà parlé, représentait trois personnages se tenant par la main et dansant. En deux ou trois jours, sans plus, l'échec fut patent. Immédiatement, la Direction de l'Établissement mécontente fit procéder au grattage du mur. Encore aujourd'hui, l'observateur peut déceler, ici et là, sur les pierres des traces de couleurs. Connaissant actuellement l'ensemble de l'œuvre, nous pouvons ajouter que c'est la dernière fois que le peintre Augiéras représentait des personnages de la société rurale.

François ne fut nullement démoralisé par cette aventure et partit tout aussitôt vers d'autres cieux.

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Des cahiers de toutes les couleurs

Tous ses amis de l'époque savent combien il souffrit en peignant au cours de ces années. Son nomadisme originel, son esprit tourné vers l'aventure ne lui facilitaient pas la tâche, il ne pouvait s'accommoder de la fixation nécessaire pour travailler des journées entières sur une toile, il le fit certes, mais à cette étape de son existence les problèmes techniques l'importunaient aussi au plus haut point. François se voyait obligé de demander aux uns et aux autres des recettes qu'il avait peine à mettre en application. Il abusait du siccatif pour traduire avec rapidité le sujet en cours (Ajoutons que la peinture acrylique n'existait pas en ce temps-là.).

Alors...

L'envoi de cahiers imprimés avec des pages de toutes les couleurs : jaunes, rouges, bleues, oranges, vertes, était en quelque sorte un peu la continuation de la peinture ramenée à sa plus simple expression, mais cette fois au service de l'écriture, des thèmes littéraires de François Augiéras. Les caractères n'étaient pas le fait du hasard, il désirait que ceux-ci s'accordent parfaitement à ses vues. Des paragraphes avec des espaces savamment calculés, comme des silences entre deux musiques, formaient, il le disait lui même, des pièces d'étoffe, il les ajustait les uns par rapport aux autres en tenant tout autant compte du contenu que de la dimension plastique. Une tapisserie de mots, de pauses sur la feuille de couleur était le fruit de sa composition.

On peut imaginer la surprise des destinataires de ces cahiers, mais sans doute représentaient-ils un signal voire un appel qui ne pouvait en aucun cas passer inaperçu.

Jean Boyé

1990