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Theo Kerg

La rencontre avec Theo Kerg



La vie de Théo Kerg PDF Imprimer Envoyer

Nous venons d'apprendre le décès du peintre, graveur, illustrateur Théo KERG. Né en 1909 au Luxembourg, son père était d'origine bretonne, ce qui selon lui expliquait la partie maritime de son œuvre.

Il suivit les cours de l'École des Beaux-arts, ceux de la Sorbonne et de l'Institut d'art et d'archéologie. A l'époque il était fort des Halles, ce qui lui permettait de subsister assez chichement. En 1932, il rejoindra Paul Klee, il participera à l'aventure du Bauhaus, mais les nazis le chasseront d'Allemagne comme son maître.

Son art évoluera peu à peu vers une forme qui trouvera son plein épanouissement dans les années 40 et 50. Les ports, les bateaux seront en général les éléments constitutifs de ses compositions voisines d'une non-figuration très architecturée.

Je ne dois pas oublier qu'il devait participer au mouvement des Epiphonistes derrière Henri Perruchot et Michel Ragon, cela vers la fin des années 40.

Nous l'avons connu en 1952, à Lauriers, en Dordogne. Il a été à côté de Pelayo, Clave, Minaux, Loth et bien d'autres de l'aventure du groupe « Espace Demain ». Il a réalisé des lithographies sur les presses de l'atelier de Joël Picton.

Il exposait en permanence à la Galerie Bellechasse boulevard Saint-Germain, à la Galerie Craven rue des Beaux-arts, cela à Paris. Son succès était évident. Le critique Robert Vrinat écrivait le 17 décembre 1955 : « L'Œuvre de Théo Kerg est une œuvre de vie, faite pour agir et pour durer ».

Photographe de presse cette année-là, je réalisais un reportage, dont on verra des clichés dans ce numéro.

Puis, notre peintre s'éloignait de Paris pour conquérir l'Allemagne et la Suisse. En 1956, il se classait comme peintre « Tactiliste ».

Paris l'ignorait, il en fut très affecté, par contre l'Allemagne lui consacra un Musée.

Dès lors une exposition de Théo Kerg n'était plus quelques œuvres accrochées aux murs, mais l'occupation totale de l'espace mis à sa disposition.

Son caractère était fait d'acrimonie, je me souviens de ce qu'il me disait que « dans la vie, il y avait les rats et les ratés. » De tels propos acerbes, certains ne les lui pardonnaient pas.

Aujourd'hui, qu'il nous a quittés demeure une œuvre intense, vaste dans son périple.

Jean Boyé

3 mai 1993